

La noix de muscade a connu l’Europe à Byzance, ville de toutes les opulences. Mais c’est au Moyen Age qu’elle est devenue une épice incontournable.
Victime de son succès, elle devait suivre un long parcours depuis les Moluques (Indonèsie) en bateau jusqu’à Malacca (Malaisie), puis le Golfe Persique et après la mer Rouge sur les dos de chameaux jusqu’à l’Europe. Évidement plus des péages, plus de taxes et plus le prix augmentait.
Les Hollandais ont eu le contrôle absolu de la muscade pendant quelques années, jusqu’à ce que Pierre Poivre casse le monopole.
C’est comme ça qu’on commence à cultiver le muscadier aussi aux Antilles (particulièrement sur l’Île de Grenade), en Malaisie, Sri Lanka, Inde.
Le muscadier est un grand arbre, avec des belles feuilles d’un vert très foncé et qui peut mesurer 20 mètres de hauteur.
Le fruit du muscadier est libéré de sa graine qui elle est enrobée du macis qu’on sépare pour faire sécher au soleil. De l’autre côté, l’amande est séchée au soleil et passée dans un bain de chaux pour enlever les parasites et stopper la germination.
La noix doit être lourde et dure. Elle a une forme arrondie et une belle couleur de terre cuite. Ses arômes rappellent la cannelle, le poivre noir et le citron. Elle peut se conserver très longtemps entière dans une petite boite fermée ou dans un bocal en verre. Il faut la râper à la dernière minute, car ses arômes sont assez volatiles. C’est pour ça qu’il vaut mieux l’acheter entière et pas en poudre qui est moins parfumée et s’évente rapidement.
Au XVIIIe siècle, quand la noix de muscade était très à la mode, les convives apportaient leur propre râpe à muscade aux dîners et aux fêtes. C’était un accessoire essentiel fabriqué en argent ou en bois. Toulousse Lautrec aimait bien cet accessoire qu’il utilisait pour aromatiser ses boissons.
La noix de muscade est utilisée pour parfumer des plats salés, des pâtisseries, des pains et des boissons.
Elle fait partie des épices douces qui parfument des pains d’épices, des biscuits de Noël ou du vin chaud. Mais aussi elle est une incontournables de la purée de pommes de terre et de la sauce béchamel.
J’aime la râper sur un chocolat chaud, sur un porridge, mais aussi sur une bière bien frappée.
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